
Après un temps d’échange avec l’artiste autour de son travail et de son parcours, les élèves ont participé à un atelier de création autour d’un dispositif original : un grand rouleau de papier de dix mètres déroulé dans l’espace de travail. Sur ce support continu, les élèves ont été invités à concevoir ensemble un paysage collectif réalisé au fusain et à l’encre de Chine.

Chaque élève, ou groupe d’élèves, est intervenu simultanément sur différentes zones du rouleau. Le fusain a permis de travailler les masses, les contrastes et les textures, tandis que l’encre de Chine a introduit des lignes plus précises, des détails ou des zones plus profondes et définitives. Les interactions entre ces deux médiums ont favorisé une grande richesse graphique ainsi que des variations d’intensité dans la composition.
La pratique reposait sur une logique d’effectuation : les élèves composaient à partir de ce qui était déjà présent sur le rouleau. Ils observaient les traces laissées par les autres, les prolongeaient, les transformaient ou les détournaient. Ainsi, la tâche elle-même devenait une véritable source de création. Les contraintes du format, du travail collectif et des matériaux ont encouragé l’expérimentation et la prise d’initiative.
Le hasard a également joué un rôle important dans le processus : coulures d’encre, superpositions de traces ou rencontres imprévues entre gestes et formes. Ces accidents ont parfois été intégrés au paysage et sont devenus des éléments plastiques à part entière. Les élèves ont ainsi appris à accueillir l’imprévu et à l’utiliser comme moteur de création.
Au terme de l’atelier, le paysage obtenu témoigne d’une construction collective où se mêlent intentions individuelles, contraintes matérielles et effets aléatoires. Ce dessin de 30 mètres est exposé dans l’espace de l’atrium pendant une durée de 2 mois.